Espacer ou masser, ce que dit la méta-analyse
Masser, c’est étudier une notion plusieurs fois d’affilée dans la même séance. Espacer, c’est laisser passer du temps entre les séances. Cepeda et ses collègues ont rassemblé 839 mesures, tirées de 317 expériences et de 184 articles. Leur conclusion est nette, espacer bat masser. Ils notent aussi que l’écart idéal entre deux séances grandit quand le test est plus lointain (Cepeda et coll., 2006).
Cette idée tient une place de choix dans la revue de dix techniques de Dunlosky et ses collègues. Répartir ses révisions et s’interroger sont les deux techniques jugées d’utilité élevée, alors que résumer, surligner ou relire sont jugés d’utilité faible (Dunlosky et coll., 2013). Une synthèse de Kang sur la classe va dans le même sens, l’espacement est applicable en vrai cours, pas seulement en laboratoire (Kang, 2016). Pour toi, cela veut dire une chose, plusieurs petites séances réparties valent mieux qu’une seule grosse la semaine du partiel.
L’écart idéal dépend du délai avant l’examen
L’étude de 2008 de Cepeda et ses collègues est la plus précise sur ce point. Plus de 1 350 personnes ont fait deux séances séparées d’un écart allant jusqu’à 3,5 mois, puis un test final jusqu’à un an plus tard (Cepeda et coll., 2008). Le résultat se lit comme une proportion du délai avant le test.
Si le test est dans une semaine, l’écart idéal vaut environ 20 à 40 % de ce délai. S’il est dans un an, il tombe à environ 5 à 10 % (Cepeda et coll., 2008). Plus l’examen est loin, plus l’écart relatif rétrécit, même si l’écart en jours, lui, s’allonge. Exemple de calcul avec un examen dans 10 jours, tu revois la notion 2 à 4 jours après la première séance. Tu n’as pas besoin d’être exact au jour près. Ce sont des repères, pas un règlement.
Pourquoi on se trompe sur ce qui marche
Espacer paraît moins efficace sur le moment, et c’est le piège. Kornell a fait apprendre du vocabulaire de type GRE avec des flashcards, soit en un grand paquet espacé, soit en quatre petits paquets massés. Espacer a été plus efficace pour 90 % des participants. Pourtant, après la première séance, 72 % pensaient que masser marchait mieux (Kornell, 2009).
La raison est simple. Quand tu revois une notion vite, elle te revient sans effort, et cette facilité ressemble à de l’apprentissage. Quand tu la revois plus tard, il faut aller la chercher, et ça paraît plus dur. Bjork et ses collègues appellent cela les difficultés désirables, un effort qui gêne sur le moment mais aide plus tard (Bjork et coll., 2013). Si une révision espacée te semble moins fluide qu’une relecture de la veille, ce n’est pas le signe qu’elle marche moins bien. C’est plutôt le contraire.
Comment espacer en pratique
Rawson et Dunlosky ont suivi 533 étudiants dans trois expériences, avec plus de 100 000 réponses notées à la main. Leur conseil est précis. Rappelle-toi correctement une notion 3 fois lors de la première séance, puis réapprends-la 3 fois à des intervalles largement espacés, c’est ce qu’ils appellent le réapprentissage successif (Rawson et Dunlosky, 2011).
Concrètement, pour une fiche de cours, tu t’interroges d’abord sans regarder la fiche, jusqu’à réussir chaque question. Tu notes ce qui a échoué, tu y reviens, puis tu laisses la fiche de côté. Quelques jours plus tard, tu t’interroges de nouveau. Si tu bloques, tu regardes la réponse et tu essaies encore. Prépare ainsi tes révisions de bac, de partiels ou de classe prépa, chapitre par chapitre. L’important n’est pas la perfection du calendrier. C’est de ne jamais enchaîner toutes tes passes dans la même soirée.
| Examen dans | Écart idéal entre deux séances |
|---|---|
| Une semaine | environ 20 à 40 % du délai |
| Un an | environ 5 à 10 % du délai |
| 10 jours (exemple de calcul) | revoir 2 à 4 jours après la première séance |
Sources · Cepeda et coll., 2008
Questions fréquentes
- Combien de jours faut-il laisser entre deux révisions ?
- Cela dépend du délai avant l’examen. Pour un examen dans 10 jours, revoir la notion 2 à 4 jours après la première séance suit les repères de Cepeda (Cepeda et coll., 2008).
- Pourquoi espacer me paraît-il moins efficace que tout revoir d’un coup ?
- Parce que la facilité du moment ressemble à de l’apprentissage. Dans l’étude de Kornell, 72 % pensaient que masser marchait mieux, alors qu’espacer l’a emporté pour 90 % d’entre eux (Kornell, 2009).
- Combien de fois dois-je me rappeler une notion pour la retenir ?
- Rawson et Dunlosky conseillent 3 rappels corrects lors de la première séance, puis 3 réapprentissages largement espacés (Rawson et Dunlosky, 2011).

Lumi oublie avec le temps comme un vrai cerveau, et il revient sur une notion au bon moment au lieu de te la redonner plusieurs fois de suite. Une étoile s’allume dans le ciel de savoir quand une notion est retenue trois fois, à des jours différents, et elle pâlit quand il faut la revoir. La veille d’un examen, la Brume monte sur le ciel, et chaque bonne réponse la repousse. Lumi applique l’idée d’espacer.
Sources
- Cepeda, Vul, Rohrer, Wixted, Pashler (2008). Spacing effects in learning. A temporal ridgeline of optimal retention. Psychological Science, 19(11). doi.org/10.1111/j.1467-9280.2008.02209.x
- Cepeda, Pashler, Vul, Wixted, Rohrer (2006). Distributed practice in verbal recall tasks. A review and quantitative synthesis. Psychological Bulletin, 132(3). doi.org/10.1037/0033-2909.132.3.354
- Kornell (2009). Optimising learning using flashcards. Spacing is more effective than cramming. Applied Cognitive Psychology, 23(9). doi.org/10.1002/acp.1537
- Kang (2016). Spaced repetition promotes efficient and effective learning. Policy Insights from the Behavioral and Brain Sciences, 3(1). doi.org/10.1177/2372732215624708
- Rawson, Dunlosky (2011). Optimizing schedules of retrieval practice for durable and efficient learning. How much is enough?. Journal of Experimental Psychology. General, 140(3). doi.org/10.1037/a0023956
- Dunlosky, Rawson, Marsh, Nathan, Willingham (2013). Improving students' learning with effective learning techniques. Psychological Science in the Public Interest, 14(1). doi.org/10.1177/1529100612453266
- Bjork, Dunlosky, Kornell (2013). Self-regulated learning. Beliefs, techniques, and illusions. Annual Review of Psychology, 64. doi.org/10.1146/annurev-psych-113011-143823


