Ce que dit la revue de 2013
Dunlosky, Rawson, Marsh, Nathan et Willingham ont comparé dix techniques d’étude. Deux ont reçu une utilité élevée, s’interroger sur son cours et répartir ses révisions. Trois ont reçu une utilité moyenne. Cinq ont reçu une utilité faible, dont résumer, relire et surligner ou souligner (Dunlosky et coll., 2013).
Le mot faible a un sens précis. Il signifie que les preuves disponibles ne montrent pas de bénéfice assez solide ou assez général pour recommander la technique, alors que d’autres méthodes l’ont montré. Il ne signifie pas que surligner fait perdre du temps à tous les coups. Une fois ce cadre posé, une question utile devient celle du coût d’opportunité. Une heure passée à surligner un chapitre de SVT est une heure que tu ne passes pas à te poser des questions dessus. Le tableau complet des dix techniques se trouve dans Comment réviser efficacement selon la recherche, avec la note de chacune.
Pourquoi surligner rassure
Surligner donne une sensation de travail. La page se colore, tu avances, tu as l’impression de trier l’important. Mais le geste est surtout une activité de lecture, pas de rappel. Tu n’as rien à retrouver en mémoire, tu repasses sur ce qui est déjà devant toi.
Les auteurs d’une enquête auprès de 177 étudiants montrent que la majorité relit ses notes ou son manuel, et que relativement peu s’interrogent, et ils parlent d’illusion de compétence (Karpicke et coll., 2009). Cette enquête ne portait pas précisément sur le surligneur, mais elle décrit le même mécanisme, des méthodes passives qui donnent confiance. Dans l’étude de Roediger et Karpicke, ceux qui relisaient étaient les plus sûrs de se souvenir, et ce sont eux qui avaient le plus oublié une semaine plus tard (Roediger et Karpicke, 2006). Bjork et ses collègues décrivent ce décalage entre le sentiment de maîtrise et la mémoire réelle (Bjork et coll., 2013). Quand un cours est tout jaune, il paraît connu. Cela ne prouve pas qu’il l’est.
Si tu surlignes quand même
Ce qui suit est un conseil pratique, pas un résultat d’étude. Si tu aimes surligner, utilise-le comme un outil de repérage et non comme une méthode de mémorisation. Surligne peu, une phrase ou un mot par paragraphe, puis ferme le cours.
Ensuite, transforme chaque passage coloré en question. Si tu as surligné la date de la signature du traité de Versailles dans ton cours d’histoire, écris « Quand a été signé le traité de Versailles ? » sur une carte, et réponds-y le lendemain sans regarder. Un surlignage sans question derrière reste une relecture déguisée. Avec la question, il devient le point de départ de la technique la mieux notée, s’interroger sur son cours (Dunlosky et coll., 2013). Tu peux aussi faire passer ces questions par des cartes, voir Comment faire de bonnes fiches de révision et de bonnes flashcards. Le surligneur sert alors de crayon de repérage, et c’est la question qui fait le travail de mémoire.
Ce qui marche mieux à la place
Dans l’expérience 2 de Roediger et Karpicke, lire une fois puis s’interroger trois fois a donné 61 % des idées retenues après une semaine, contre 40 % pour quatre relectures (Roediger et Karpicke, 2006). L’écart ne concerne pas le surligneur lui-même, mais il montre où se trouve le gros du bénéfice, dans l’effort de rappeler.
La récupération active a aussi produit plus d’apprentissage que l’étude élaborée avec des cartes conceptuelles (Karpicke et Blunt, 2011). Pour t’organiser, la page La récupération active, pourquoi s’interroger bat la relecture explique la méthode et Pourquoi relire ses cours ne suffit pas détaille le piège de la relecture. Au lycée comme en licence, un bon rythme consiste à lire le chapitre une fois, marquer trois ou quatre idées, écrire des questions dessus, puis les poser à des jours espacés. Pour un partiel dans 10 jours, par exemple, la première relecture de tes questions tombe 2 à 4 jours après la première séance (Cepeda et coll., 2008).
Questions fréquentes
- Faut-il arrêter complètement de surligner ?
- Pas forcément. Dunlosky et coll. le classent à utilité faible comme méthode d’étude (Dunlosky et coll., 2013), pas comme geste interdit. Garde-le pour repérer, puis passe vite à des questions.
- Surligner ou faire une fiche, qu’est-ce qui vaut mieux ?
- Résumer et surligner sont tous deux classés à utilité faible (Dunlosky et coll., 2013). Une fiche devient utile quand tu t’en sers pour t’interroger, en cachant la réponse et en la rappelant avant de vérifier.
- Pourquoi tant de gens surlignent si ça marche peu ?
- Parce que ça donne une impression de progrès. Les auteurs d’une enquête auprès de 177 étudiants parlent d’illusion de compétence pour les méthodes passives comme la relecture (Karpicke et coll., 2009). Le sentiment de maîtrise n’est pas un bon indicateur.

Si tu surlignes, tu peux apprendre ces passages à Lumi. Tu lui donnes ta fiche, en texte, en photo ou en dictée, et il en tire ses questions. Il te réinterroge ensuite au bon moment, avec des questions à trous et des choix, et se trompe parfois exprès pour que tu le corriges. Le surligneur repère, Lumi fait rappeler. Il t’aide à pratiquer ce que la recherche a mieux noté.
Sources
- Dunlosky, Rawson, Marsh, Nathan, Willingham (2013). Improving students' learning with effective learning techniques. Psychological Science in the Public Interest, 14(1). doi.org/10.1177/1529100612453266
- Karpicke, Butler, Roediger (2009). Metacognitive strategies in student learning. Do students practise retrieval when they study on their own?. Memory, 17(4). doi.org/10.1080/09658210802647009
- Roediger, Karpicke (2006). Test-enhanced learning. Taking memory tests improves long-term retention. Psychological Science, 17(3). doi.org/10.1111/j.1467-9280.2006.01693.x
- Bjork, Dunlosky, Kornell (2013). Self-regulated learning. Beliefs, techniques, and illusions. Annual Review of Psychology, 64. doi.org/10.1146/annurev-psych-113011-143823
- Karpicke, Blunt (2011). Retrieval practice produces more learning than elaborative studying with concept mapping. Science, 331(6018). doi.org/10.1126/science.1199327
- Cepeda, Vul, Rohrer, Wixted, Pashler (2008). Spacing effects in learning. A temporal ridgeline of optimal retention. Psychological Science, 19(11). doi.org/10.1111/j.1467-9280.2008.02209.x


